Qu’est-ce que le Blockchain ?

blockchain

A la base, une technologie d’enregistrement des transactions

Il s’agit d’un dispositif très prometteur qui, aux dires de nombreux spécialistes, va probablement apporter des changements considérables dans notre société, à l’instar de l’imprimerie. Le but avoué est de repenser en profondeur l’organisation des transactions financières.

Historique

Pour comprendre la Blockchain, il faut d’abord connaître un concept récent : le Bitcoin. Au cours de l’histoire, les multiples monnaies ont connue de nombreuses évolutions. Les dernières en date furent par exemple l’apparition des chèques et des cartes de paiement, favorisant la dématérialisation, qui s’est accélérée depuis 25 ans avec notamment les transactions électroniques.

La nouvelle évolution est l’apparition de monnaies digitales qui ne se déclinent pas en pièces et billets de banque, mais qui reposent sur un protocole de chiffrement. Cependant dès lors qu’une information est numérisée, elle peut être facilement copiée et répliquée à l’infini, compromettant l’intégrité de la monnaie.

Pour pallier ce problème majeur, en octobre 2008, Craig Wright, dissimulé derrière le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, propose une nouvelle forme de monnaie digitale : le Bitcoin. Il se base sur un protocole révolutionnaire : la «Blockchain».

Alors que les monnaies traditionnelles sont gérées par les banques ou les états, le Bitcoin ne relève pas d’une autorité centralisée, mais d’une relation dite «pair à pair», c’est-à-dire directement entre utilisateurs, constituant ainsi un réseau dont les participants se sont affranchis d’un serveur central.

Plus concrètement, chaque ordinateur connecté au réseau héberge une copie de tous les échanges effectués, les fameux « Blockchains». Certains utilisateurs volontaires laissent fonctionner en permanence un logiciel qui analyse et vérifie les transactions et met à jour l’historique. Dès qu’un bloc de transactions est validé, il est ajouté à la liste des Blockchains.

Ainsi, elle peut être assimilée à un grand livre des comptes public, anonyme et infalsifiable, dont chaque ligne est constituée d’un block, et dont la totalité est enregistré auprès de chaque utilisateur.

Le Bitcoin est né

Cette technologie promet ainsi de révolutionner les fondations mêmes de nombreux organismes. En premier lieu : les banques. Le premier domaine d’application fut la création d’une monnaie digitale : le Bitcoin. Comme toute monnaie ordinaire, il peut s’acheter, se vendre et s’échanger contre des monnaies réelles (USD, EUR, etc.) sur le marché des changes.

Il a été conçu pour que les unités de monnaies soient introduites graduellement. C’est une autre différence importante avec les autres monnaies classiques, qui sont émises par une autorité centrale. Pour le Bitcoin, la quantité totale des unités émises est fixée par avance. Environ 15,25 millions de Bitcoins ont été émis jusqu’à présent, et le dernier Bitcoin devrait être produit en 2140.

Chaque utilisateur possède un logiciel, où est inscrit une adresse Bitcoin. Cette adresse sert d’identifiant. Il suffit donc de conserver l’adresse, ainsi que le mot de passe, pour utiliser les bitcoins depuis un ordinateur, une tablette ou un smartphone. Lorsqu’un utilisateur transfert un Bitcoin à un autre utilisateur, la transaction est gardé en mémoire dans la Blockchain.

Le Bitcoin devient désormais un acteur majeur dans le paysage financier, et il fait couler beaucoup d’encre. De nombreuses entreprises acceptent désormais le paiement par Bitcoin, et il existe aussi des bornes, pour changer des CHF ou EUR en Bitcoins.

Une opportunité ou une menace pour les banques ?

Les banques peuvent en être les premières victimes, ou aussi bien les premières gagnantes. D’après un rapport de la banque Santander, « la technologie de la Blockchain peut permettre aux banques d’effectuer une économie substantielle de 15 à 20 milliards de dollars par an d’ici à 2022 en coûts d’infrastructures liés aux paiements internationaux, au trading et à la mise en conformité ».

La technologie sur laquelle a été fondée cette nouvelle monnaie est ainsi sur le point de devenir incontournable pour les grandes banques. En 2015, treize établissements financiers, dont Citi, Bank of America, Morgan Stanley, Commerzbank et Société générale, ont rejoint un projet commun pour utiliser cette technologie d’enregistrement des transactions, appelée «Blockchain». Les banques envisagent ainsi clairement de saisir cette opportunité.

Depuis d’autres établissements s’y sont associés, telles que Goldman Sachs, JPMorgan, Credit Suisse, Barclays, RBS, BBVA et UBS.

En effet, compte tenu de l’ampleur du phénomène, ainsi que des conséquences, il est difficile voire dangereux pour les banques d’ignorer le sujet : la technologie Blockchain permet théoriquement de réaliser tout type de transactions (achat, prêt…) pour un coût radicalement moindre.

Aujourd’hui, pour échanger un actif, il est nécessaire de contacter une tierce personne jouant le rôle de garant, par exemple la banque pour une transaction financière. Cependant depuis la création du bitcoin ces intervenants supplémentaires sont devenus inutiles.

Toutefois, le Bitcoin présente quelques défauts : Il est par exemple critiqué pour sa grande volatilité, les taux de change présente des variations importantes et dans des délais parfois très courts. En effet, l’absence d’organe de contrôle favorise les effets grégaires, et donc les mouvements de masse.

De très nombreuses déclinaisons possibles

Ainsi le principe de Blockchain devient une technologie de stockage et de transmission d’informations transparente, sécurisée, qui fonctionnant sans organe central de contrôle. Il s’agit alors d’une base de données publique, partagée par les utilisateurs, sans intermédiaire, fiable et inviolable.

Cela ouvre la voie à de très nombreuses applications. Outre la monnaie digitale pour effectuer unachat, il est envisageable de l’utiliser pour :

  • mettre en place des crédits mobiles, que l’utilisateur pourra souscrire directement depuis son smartphone
  • la création de points de fidélité
  • vérifier des documents officiels, ou encore des brevets. Dans ce cas comme pour le Bitcoin, l’information est vérifiée non pas par un organisme centralisé mais par la cohérence de l’ensemble des utilisateurs. Certains organismes envisagent cette piste sérieusement, comme par exemple le gouvernement du Honduras qui travaille déjà à utiliser le Blockchain pour la vérification de son cadastre. Le Royaume-Uni cite aussi le BlockChain comme piste exploratoire pour augmenter la fiabilité des bases de données officielles.
  • permettre à tous les utilisateurs de créer leur propre base de données publique, sécurisée, infalsifiable, et de se prémunir ainsi de la corruption, de la fraude ou de l’effacement des données. L’ambitieux projet Ethereum envisage d’étendre cette technologie pour la rendre accessible au grand public et s’apprête ainsi à bouleverser des domaines aussi divers que les systèmes de vote, les infrastructures financières, la propriété intellectuelle.

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